Chez les élèves en difficultés le besoin de manipuler pour comprendre l’environnement perdure longtemps. Le rituel « Chaque jour compte » leur donne la possibilité de recourir à la manipulation à tout moment sans pour autant les cantonner à ce type de situations qui pourraient à terme faire obstacle au processus d’abstraction.
En début d’année je commence par repérer les représentations du nombre auxquelles mes élèves ont été confrontés au cours de leur scolarité (bandes puis droites numériques, matériel cuisenaire, matériel multibase, abaques, matériel picbille...) et d’établir lesquelles sont les mieux investies, lesquelles sont toujours porteuses de sens pour eux. J’aime beaucoup utiliser pour cela le jeu des familles proposé par LutinBazar : ICI
Pour les aider à faire du lien entre ces représentations, à les reconnaître comme équivalentes et finalement à choisir celle qui convient le mieux face à une situation problème, je leur demande chaque jour de réfléchir sur la question « comment pourrait-on représenter le nombre du jour ? ».
Le jour de la rentrée, les élèves utilisent leurs acquis antérieurs pour proposer quelques représentations analogiques et analytiques du nombre « 1 ». Elles servent de base à l’évolution du dispositif auquel j’ajoute, supprime ou modifie certaines représentations en fonction de ma programmation et des progrès constatés. Quand le rituel est installé, ils proposent et explicitent à l’oral, en collectif une dizaine de représentations possibles. Chacune des propositions peut conduire à une vérification à l’aide de matériel si nécessaire. Les traces écrites, produites au tableau d’abord, sont affichées pour la journée sous forme de « flashcards ». Je prépare ces cartes à l’avance (le veille pour le lendemain, c’est très rapide une fois la trame prête), elles sont ensuite classées et stockées avec les cartes des jours précédents.
Pour varier les modalités, entretenir la motivation des élèves et m’adapter à leur progrès, je leur demande ponctuellement de réfléchir seuls, par écrit, aux représentations qu’ils souhaitent proposer. Cet exercice demande un grand effort d’abstraction, met tous les élèves en situation de recherche et favorise l’émergence d’une réflexion métacognitive. Régulièrement je les amène à réinvestir ce travail en utilisant les anciennes « flaschcards » pour des jeux de reconnaissance (apparier les représentations identiques), des jeux de rangement (ordonner des représentations différents) ou de classement (trier par types de représentations)…
Voici une petite synthèse des principales représentations utilisées les deux dernières années, je vais à la rentrée ajouter la symbolisation par les cartes à points : ICI.
Représentations analogiques : ce sont celles où le nombre peut être retrouvé par comptage, elles rassurent les élèves et sont celles qui sont spontanément proposées en début d’année.
Représentations analytiques : ce sont celles où l’information contenue dans le nombre n’est plus directement accessible et nécessite de maîtriser la signification des signes employés, elles peuvent être plus difficiles à maîtriser.
Si vous mettez en place le rituel dans vos classes, n’hésitez pas à partager dans les commentaires vos façons de faire qui sont souvent spécifiques à vos classes et qui sont sources de nouvelles idées pour faire évoluer le dispositif!